Brève description du projet
La crise casamançaise qui a duré plus de trois décennies y a conduit à la fragilisation des droits humains et à
l’exacerbation de la précarité dans une zone riche de ressources naturelles. Même si la région de Ziguinchor est la plus
touchées, les deux autres régions (Kolda et Sédhiou) n’ont pas été épargnées par l’insécurité qui a réduit les activités
économiques et l’accueil des populations déplacées qui a rajouté à la crise sociale. L’impunité des tueries, viols,
enlèvements, séquestrations et autres exactions au cœur de la crise a fini par encrer une certaine fatalité et à détourner
les populations du recours à la justice. La justice formelle, premier rempart, est d’une efficacité limitée parce qu‘elle
est happée par des considérations traditionnelles qui l’amènent à préférer la médiation sociale à la condamnation, y
compris pour des faits aussi graves que le viol collectif.
Le RADI a une bonne connaissance de ces zones où il mène déjà des activités en termes de lutte contre les violences et
la pauvreté notamment. L’une des leçons tirées de ses interventions, c’est l’ignorance par les populations de leurs droits
humains et des difficultés qu’elles ont pour les faire prévaloir devant une justice du reste physiquement et
psychologiquement éloigné des justiciables ruraux et peu sensible au genre. Le RADI est aussi conscient qu’avant
même de mener des activités auprès des autorités c’est auprès des populations vulnérables qu’il faut agir pour leur faire
prendre conscience de leurs droits consacrés par les textes en vigueur et les mobiliser pour les défendre notamment par
un accès accru aux forces de sécurité, à l’information, à la formation et au juge.
C’est pourquoi ce projet intitulé « Faciliter l’Effectivité des Droits Humains et l’Accès à la Justice des personnes
vulnérables au Sénégal (FEDAP) » financé par l’Union Européenne vient renforcer les actions du RADI dans ces
régions Sud du Sénégal.